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Fuir la dépendance affective



As-tu peur de la dépendance affective?


Ces derniers mois, j'ai souvent entendu « Moi je ne veux pas m'attacher », « Je veux éviter de tomber dans la dépendance affective », « Je ne veux pas être en couple, je veux rester autonome et m'occuper de moi ». Depuis quand est-ce devenu un drame de s'attacher à un être humain?! A quel moment s'attacher à un homme ou une femme est devenu le pire danger à éviter. A croire que les nombreuses publications sur la dépendance affective étaient un préambule à la distanciation sociale : le pire danger pour l'humain, c'est l'humain. Tout cela sans compter le fait qu'avoir peur de quelque chose est la meilleure façon de passer à côté de l'essentiel: le meilleur.


Les gens sont attachés à leur téléphone et adaptent leur quotidien à leur besoin d'avoir leur smartphone toujours disponible. Ils investissent dans une villa qui leur font des cheveux blancs à chaque mensualité, taxe ou réparation. Ils ont des voitures qu'ils n'osent même pas rouler de peur d'user des pneus qu'ils ont peine à remplacer. Les gens ont des objets, du matériel qui rassurent leur égo, leur donnent le sentiment d'avoir réussi leur vie, même quand ces objets les empêchent de vivre.


Mais l'humain, s'attacher à un humain, que dieu nous en protège !!!


Avoir mon premier enfant m'a complètement déstabilisée. Pour la première fois je me sentais liée à quelqu'un. J'avais l'impression que son bonheur ou malheur pouvait impacter ma vie. C'était une sensation très inconfortable, je me suis sentie vulnérable. Hé bien j'ai travaillé chaque jour à son bonheur, et j'ai même eu d'autres enfants à qui je tiens énormément ! Ma vie ne tourne clairement pas autour d'eux, mais j'ai accepté ce lien et j'en fais quelque chose de beau dans ma vie.

Quant à leurs pères, on passait nos journées ensemble autant que faire se peut. Je les accompagnais même au travail. Jamais l'un sans l'autre et on aimait former ce duo. J'ai aimé les duos dans ma vie, et même les trios. Mais pour le vivre il faut le vouloir, sans crainte comme quand tu manges une belle grosse mangue bien juteuse !

J'ai aimé puiser autant d'affection et de complicité dans mes relations. J'aime être ouverte aux plaisirs, aux perspectives, à la vie !


D'ailleurs tu sais quoi, en parlant de dépendance, moi même je suis dans la dépendance à la nourriture, à l'eau, à l'air, à la forêt, au sexe, à tout ce qui me fait du bien. Parce que ça me fait du bien !!!!

Naturellement, le corps et le cerveau redemandent leur dose d'ocytocine. On pourrait leur prescrire un shoot quotidien qu'ils en voudraient toujours. Parce que c'est bon ! Et pour tout le monde, ne plus avoir à disposition quelque chose qui fait du bien, c'est extrêmement douloureux. Demande à ceux qui ne mangent pas à leur faim, ou aux séniors qui n'ont plus aucun contact physique...


Tu peux vivre une relation amoureuse sans sombrer dans une dépendance affective aveugle que j’appellerai plutôt un « schéma masochiste » qui vise à expérimenter le sentiment de rejet en s'y attachant. Tu peux être dans la dépendance affective sans amour, parce que cette personne t'apporte quelque chose d'utile à ton équilibre ou que tu es dans un schéma masochiste de rejet. Tu peux vivre une relation amoureuse et être dans une dépendance affective parce que tout est bon !

Quand c'est une interdépendance affective, alors là c'est le rêve de la relation fusionnelle des films. Et puis quand la dépendance est à sens unique avec la contribution de l'autre, c'est une relation toxique. Il y en a un qui manipule et l'autre qui expérimente son schéma masochiste de rejet (voilà comment on invente un concept, on n'arrête pas le progrès).


En réalité tu es susceptible d'être dépendant de tout ce qui te fait du bien. Tu peux être en déséquilibre dès lors que la situation ne contribue plus à ton épanouissement et que tu rentres dans une dynamique répétitive sur la base de souvenirs de plaisirs qui n'existent plus. A ce moment c'est à toi de prendre tes disposions pour sortir de cette boucle parce que ton système buguera indéfiniment. En fait, la dépendance affective devient néfaste quand tu appuies compulsivement sur la touche entrée d'un ordinateur déchargé et éteint. Avoue qu'avant que l'ordinateur s'éteigne, c'est plutôt sympa. Le problème n'est donc pas d'appuyer sur la touche entrée, tant que c'est une stratégie efficace. Le problème est de ne pas comprendre que ça ne sert plus à rien si tu ne branches pas ton ordinateur ou que tu ne le changes pas.


Ton activité professionnelle peut contribuer à ton épanouissement ou te détruire. Une relation peut te sublimer ou te ternir, elle peut t'aider à te construire ou t'effriter. Toute situation dans ta vie peut te faire briller plus fort ou t'éteindre. Le vrai problème est de manquer de discernement et de stratégie pour développer ce qui t'amène plus haut et supprimer ce qui t'égare. Un couple peut-être une collaboration pour ton développement, c'est constituer un cerveau collectif pour un accomplissement. Il peut être un point d'ancrage pour te permettre d'aller plus loin dans tous les domaines de ta vie. Etre en couple n'est pas un objectif de vie, par contre ce peut être une magnifique stratégie pour atteindre les objectifs de ta vie.


S'attacher à une personne n'est pas un drame, éviter de le faire peut par contre rapidement devenir pervers. Soit dit en passant, c'est une des caractéristiques du pervers narcissique : donner à l'autre tout ce qu'il lui faut pour s'attacher, prendre ce qu'il y a à prendre sans jamais s'attacher lui-même, ce qui lui laisse toute marge de manœuvre.

Est-ce que nous ne touchons pas là un équilibre vicieux ? De plus en plus de personnes ont l'impression de fréquenter des pervers narcissiques. Est ce que la recrudescence des pervers narcissiques n'est pas proportionnelle à la peur de la dépendance affective? Ne devenez-vous pas potentiellement des pervers narcissiques, qui se servent, en donnant peu par peur de s’attacher? Au fil de cette évolution (ou régression), la peur de s'attacher pourrait être tellement bien intégrée qu'elle se transformerait en une incapacité à s'attacher à tout être humain. Cela contribuerait à des relations ayant pour base le contrôle de l'autre dans une démarche égocentriste visant à trouver sa propre satisfaction, qu'il s'agisse d'un conjoint, d'un parent, d'un ami ou d'un enfant. Avec cela, une incapacité à ressentir ces propres émotions, une incapacité à appréhender les émotions des autres et un total manque d'empathie. Et si on s''orientait vers une psychopathie généralisée ?!


Je m'arrête là, avant de développer d'autres théories et concepts et je t'invite à te questionner. La prochaine fois que tu diras à un humain « Je ne veux pas m'attacher », alors que tu es dans un rapport fusionnel avec ton téléphone, ta voiture, ton frigo américain, ta télévision 4k, ta maison, ou ton animal, demande toi si tu ne te transformes pas en pervers narcissique, futur psychopathe...



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